Une randonnée d’un genre particulier à Versailles

La mission première des membres d’un groupe AA consiste à essayer d’étendre à d’autres alcooliques la bonne nouvelle qu’ils ont découvert pour eux-mêmes : il est possible de se rétablir durablement de l’alcoolisme grâce à la méthode des Alcooliques anonymes. Ce faisant, les membres du groupe contribuent à ce que d’autres franchissent la porte et confortent leur propre rétablissement. Quoi de plus stimulant pour ses membres qu’un groupe vivant, accueillant régulièrement des nouveaux venus.

 

Pour les trois groupes de Versailles, il est de coutume chaque année, au retour des beaux jours, d’aller rappeler aux pharmaciens que AA existe sur la ville et que des groupes se réunissent quatre fois chaque semaine. L’opération est simple : entrer dans une pharmacie, se présenter (très rapidement, les pharmaciens sont des gens occupés), demander à pouvoir coller une affiche en vitrine et laisser quelques cartes de visite avec les coordonnées des réunions.

Pour donner un caractère à la fois efficace et sympathique à cette action, les membres des trois groupes fixent une date (un samedi matin) et se retrouvent pour concentrer cette action sur une matinée. Rendez-vous sur le parvis de la cathédrale Saint-Louis, formation des équipes, distribution du matériel (sans oublier le scotch et la gomme adhésive), des plans, des adresses et c’est parti pour une randonnée à pied, en deux roues ou en voiture à travers la ville ! Partout, l’accueil est excellent, certains pharmaciens nous attendaient, ayant été obligés de décrocher notre affiche de l’an passé. Pour certains membres, nouveaux venus dans les groupes, c’est la toute première occasion de « sortir du groupe » et de se présenter (discrètement) à des personnes extérieures en tant que membre des Alcooliques anonymes.

Cette année encore, carton plein ! Nous avions même été un peu plus ambitieux que les années précédentes en étendant notre rayon d’action aux villes environnantes. Bilan : 49 pharmacies (sur 50) ont accepté notre affiche (que nous avions plastifiée pour qu’elle tienne plus longtemps) ; une quinzaine de membres AA ont participé, répartis en sept équipes de deux ou trois. Nous avons visité la caserne des pompiers par la même occasion. Et pour joindre l’agréable à l’utile, cette matinée s’est terminée par un joyeux pique-nique.

 

Suite à cette opération, combien de personnes concernées par la maladie alcoolique verront notre affiche et décideront de venir dans nos groupes ? Nous n’en avons aucune idée, mais une seule suffirait encore, et même aucune. Nous ne cherchons pas le résultat à court terme, juste à faire en sorte d’être « anonymes mais pas invisibles ». Cette opération est de toute façon déjà une réussite puisque qu’elle a permis de renforcer la cohésion et la camaraderie entre nous. Chez les AA, nous disons souvent que nous plantons des graines mais que nous ne savons jamais quand elles pousseront. Alors un jour, c’est certain, nous verrons quelqu’un franchir la porte d’une de nos réunions en nous disant : « j’ai vu votre affiche dans ma pharmacie ».

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